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Quand au début des années 90, Andrea Tyson fut choisie pour diriger le comité des conseillers économique de Bill Clinton (CEA), elle venait d’écrire un livre qui fut très commenté à l’époque « Who’s bashing whom ? Trade conflict in high technology industries ». Déplorant les erreurs commises par les Etats-Unis en matière de politique commerciale, elle décrivait son pays comme un petit enfant candide qui s’aperçoit à la fin du jeu que ses adversaires ont profité de sa naïveté pour gagner la bataille.
Ce commentaire pourrait être repris tel quel pour l’Europe par le courant « patriotisme économique », qui tient une place importante dans le cercle de l’intelligence économique en France*. Andrea Tyson déplorait en effet que la loi du marché censée gérer - convenablement et quoiqu’on fasse - les échanges commerciaux, ne servait plus « avec justice » les intérêts économiques de son pays. Elle proposait donc d’intervenir sur le marché pour contrebalancer les barrières élevées par ses partenaires tout en évitant l’engrenage dangereux des mesures protectionnistes. Pourquoi intervenir, sur quoi et comment, telle était la question posée à l’administration Clinton ? Comment tracer les grandes lignes d’une vraie politique industrielle nationale associée à une politique commerciale internationale tenant compte du contexte économique et politique mondial ?
Posée sous cette forme, la question va bien au-delà, en effet, des déclarations d’un volontarisme économique simpliste, d’autant qu’il est, en outre, indispensable que cette politique industrielle intérieure solide destinée à soutenir les industriels nationaux face à l’agressivité des actions étrangères, soit porteuse d’un développement technologique innovant garantissant une croissance pérenne.
Source lesechos.com. Pour lire l'article
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